Règle des 1 000 € Loi Influenceurs 2026 : contrat obligatoire créateurs & marques (Décret 2025-1137)
Un seuil simple, des conséquences lourdes. Le Décret 2025-1137 a opérationnalisé la Loi Influenceurs : au-dessus de 1 000 € HT par an et par partenariat avec un influenceur ou une influenceuse, le contrat écrit est obligatoire.

Pourquoi 1 000 euros HT ?
Le Décret n° 2025-1137 du 28 novembre 2025 a fixé à 1 000 € HT par an et par partenariat le seuil au-dessus duquel un contrat écrit signé devient obligatoire entre la marque (ou son agent) et l'influenceur. Ce seuil a été calibré pour exclure les nano-partenariats (petits cadeaux ponctuels, codes promo non payés), tout en englobant l'essentiel des collaborations professionnelles — y compris les dotations en nature dont la valeur de marché atteint le seuil.
Le seuil se calcule annuellement et par partenariat : si une marque travaille avec un même créateur sur trois posts à 400 € chacun, le cumul (1 200 €) franchit le seuil et un contrat écrit est requis pour l'ensemble. Les avantages en nature (produits, voyages, événements) comptent à leur valeur de marché, pas à leur coût de production pour la marque.
L'enjeu n'est pas symbolique : sans contrat écrit, le partenariat est nul. La marque perd tous ses droits sur le contenu produit. Pour un audit complet, l'outil gratuit d'audit Loi Influenceurs vérifie chaque clause obligatoire.
Comment compter le seuil exactement
Trois règles pratiques de comptage :
- Cumul annuel : les partenariats avec un même créateur se cumulent sur une année civile glissante. Trois petits posts à 350 € HT chacun = 1 050 € = au-dessus du seuil.
- Espèces + nature : un post payé 600 € + un voyage offert valant 500 € = 1 100 € HT = au-dessus du seuil. La valeur du voyage se calcule à sa valeur de marché, prouvée par les factures d'achat de la marque.
- Par partenariat : si la marque travaille avec un créateur via deux agences distinctes, chaque contrat agence-créateur s'évalue séparément, mais la marque commettante reste co-responsable au global.
L'ambiguïté la plus fréquente : que faire si le seuil est franchi en cours de partenariat ? Le contrat doit être signé avant que le seuil soit franchi. En pratique, dès qu'une collaboration récurrente est anticipée, signer le contrat dès le premier euro est la seule façon sûre de rester conforme.
Les 11 clauses obligatoires à inclure
Le Décret 2025-1137 et l'article 8 de la Loi 2023-451 imposent 11 clauses obligatoires dans le contrat. En voici l'essentiel :
- Identité complète des parties (nom, adresse, pays de résidence fiscale, e-mail).
- Rémunération en euros (ou méthode précise de calcul si variable).
- Valorisation des avantages en nature à leur valeur de marché.
- Description précise des contenus à produire (plateformes, formats, dates, hashtags).
- Droits de propriété intellectuelle : étendue de la licence, durée, territoire.
- Clause de loi française applicable (et tribunal compétent en France).
- Mention publicitaire obligatoire à inclure dans le post (Publicité / Collaboration commerciale / Partenariat rémunéré).
- Protections renforcées si le créateur a moins de 16 ans.
- Représentant légal en UE si la marque est établie hors UE.
- Catégories de produits exclues (chirurgie esthétique, paris, certains produits financiers).
- Conséquences en cas de retrait DGCCRF ou de non-conformité.
Le générateur de contrat gratuit Collabios produit ces 11 clauses automatiquement, adaptées au pays de résidence du créateur et au marché cible.
Sanctions et application
Les sanctions sont prévues à l'article 9 de la Loi 2023-451 et combinent la sphère civile (nullité du contrat, restitution des sommes), administrative (DGCCRF — amendes jusqu'à 300 000 € avec doublement en cas de récidive) et pénale (jusqu'à 2 ans de prison pour le créateur, plus pour les catégories interdites).
La DGCCRF a ouvert 300+ enquêtes en 2022-2023 ; en 2025, 35 procédures ont abouti à des sanctions publiques. Le doublement automatique en cas de récidive et la mesure de "name and shame" (publication forcée d'excuses sur les réseaux du créateur) sont les deux innovations les plus redoutées par l'industrie.
La marque commettante (et son agence) sont co-responsables. Le mythe selon lequel "c'est la responsabilité du créateur" n'a jamais tenu juridiquement — il l'est encore moins depuis 2026. Avant le lancement de toute campagne ciblant la France, l'audit gratuit Loi Influenceurs détecte les manquements avant qu'ils deviennent des amendes. La charte ARPP est le standard d'auto-régulation à suivre en parallèle ; elle anticipe souvent les évolutions DGCCRF.
Portée cross-border francophone. Le seuil de 1 000 € HT s'applique dès lors que l'audience cible inclut la France au-delà de 10-15 %, indépendamment du pays du créateur ou de la marque. Concrètement : un créateur ou une créatrice basé(e) en Wallonie ciblant une audience France + Belgique tombe sous la règle dès 1 000 € HT cumulés. Idem pour les créateurs et créatrices luxembourgeois(es) et suisses romand(e)s basé(e)s à Genève ou Lausanne. Côté fiscal cross-border, la facture doit porter la mention d'autoliquidation art. 196 directive 2006/112/CE pour les flux intra-UE (Belgique, Luxembourg, autres États membres). La DGCCRF surveille activement les campagnes les plus visibles à Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux et Nice.
FAQ
Le seuil de 1 000 € s'applique-t-il par poste ou en cumul ?
En cumul annuel et par partenariat. Trois posts à 400 € chacun avec le même créateur en 12 mois = 1 200 € = au-dessus du seuil = contrat écrit obligatoire.
Les dotations en nature comptent-elles ?
Oui, à leur valeur de marché. Un voyage offert d'une valeur de 800 € + un cachet de 300 € = 1 100 € total = contrat écrit obligatoire. La valeur de marché se prouve par les factures d'achat de la marque.
Que se passe-t-il si je n'ai pas de contrat écrit alors que le seuil est franchi ?
Le partenariat est nul. La marque perd tous ses droits sur le contenu. La DGCCRF peut sanctionner jusqu'à 300 000 € d'amende (doublement en cas de récidive), et obliger à une excuse publique du créateur. La marque commettante est co-responsable.
Le contrat doit-il être signé avant ou après la prestation ?
Avant. Le Décret 2025-1137 exige un contrat écrit signé préalablement à la prestation. Signer après coup ne purge pas la violation et n'évite pas les sanctions.
Mon contrat US ou anglais peut-il convenir ?
Non. Le contrat doit être rédigé en français (ou avec une version française faisant foi), inclure la clause de loi française applicable, et contenir les 11 clauses obligatoires de l'article 8 de la Loi 2023-451. Un contrat US standard manque toutes ces obligations.


